jeudi 09 septembre, 2010 - 05:26

Alain Hubert

“J’adore m’enfoncer dans une ville”

Tout bien pesé, je suis six mois par an loin de la Belgique. Je ne suis pas qu’un voyageur du froid! Pour rejoindre les pôles ou accéder à la haute montagne, je suis bien obligé de traverser des pays et notamment des contrées qui sont parfois très chaudes! Je me suis ainsi plusieurs fois rendu à Cape Town, afin d’atteindre l’Antarctique. En revenant de là-bas, je suis passé par le Chili et le sud de l’Afrique du Sud, pour me rendre ensuite en Europe. Ces voyages se font souvent en avion, mais j’utilise aussi le bateau. Pour arriver aux extrémités de la terre, il faut passer par différentes régions et rencontrer des gens qui sont extrêmement différents. Les rencontres me passionnent. J’adore m’enfoncer dans une ville que je ne connais pas, découvrir les quartiers où les gens vivent, se rassemblent… J’ai ainsi passé dix jours à Punta Arenas, en attendant d’avoir de bonnes conditions pour pénétrer en Antarctique. Je me promène. Je me laisse envahir par l’esprit des lieux, les cultures… En étant par ailleurs guide de montagne, je ne me limite pas aux grandes expéditions.
Je n’ai rien!

En voyage, j’emporte deux mallettes, l’une avec mon ordinateur, des documents, l’autre avec un petit sac de couchage, un tout petit matelas - l’ensemble pèse 620 grammes, une brosse à dents, etc… Je m’aperçois que lorsque je pars en montagne, dans un refuge, je n’ai rien! Si l’on peut se débrouiller dans les espaces polaires par moins 40°, on s’en sort forcément ailleurs avec trois fois rien. C’est ma vie. Lorsque je pars en expédition, c’est par contre méthodique. J’ai une importante logistique. Je dois penser à tout. Il faut avoir une vie en cohérence avec ses idées. Je ne pense pas que je pourrais participer à un voyage organisé. Il m’arrive parfois d’acheter un billet d’avion le soir à 23h pour m’envoler le matin à 6h30.

Je rêve

Il y a plein de contrées où je ne me suis pas encore rendu et que j’aimerais inscrire à mon programme. J’irais bien ainsi dans la Chine de l’Ouest, les grands déserts, emprunter la Route de la Soie. Là, je serai loin des pôles!

Plus jamais

Mis à part des grandes villes monotones aux États-Unis, je ne regrette aucun voyage. Il faut voyager pour comprendre les autres. Si l’on reste dans des clubs de vacances, on passe à côté de tout.

Texte: Philippe Warzée