jeudi 17 mai, 2012 - 13:39

Observations de Kevin

Les reporters de voyages n’ont pas la vie facile. Leur lot, c’est une solitude amère.

Chanteurs de bas étage

La vie est une dure lutte. Demandez donc aux innombrables journalistes de voyages qui arpentent la planète pour vos beaux yeux. Oh, vous pensiez certainement que ces hommes et ces femmes vivaient une vie de rêve, troquant allègrement un siège en classe Business contre une chambre dans un hôtel luxueux, et inversement. Eh bien, détrompez-vous ! Pour preuve, j’ose avancer l’exemple d’un certain Vincent Noyoux, Français de trente ans qui écume le globe terrestre pour le compte d’une série de guides touristiques français afin de dénicher tout ce que notre monde offre comme merveilles. Dans son ouvrage ‘Touriste professionnel’ (Editions Stock), fort agréable à lire au demeurant, il relate la vie quotidienne d’un globe-trotter qui arpente le monde pour gagner sa croûte et raconte comment, alors qu’il aspire à des plages exotiques, il termine en réalité sa journée, épuisé, dans une chambre étouffante à regarder la version polonaise de ‘La Roue de la Fortune’. Sans oublier que cette profession réserve également au reporter des moments de pure solitude, comme de dîner tout seul dans un restaurant philippin en écoutant les vocalises d’un chanteur de quatrième zone, ou de subir les flots de paroles d’un guide qui s’est mis en tête de disserter pendant une interminable demi-heure sur les détails sans intérêt d’une peinture dans un musée bondé… Non, Vincent Noyoux et tous ces autres pauvres reporters n’ont vraiment pas une vie facile ! Ayez donc une petite pensée pour eux en lisant cet exemplaire de GRANDE : c’est au prix de beaucoup de sang, de sueur, de larmes et d’amère solitude qu’il a vu le jour…

Suppléments de bas étage

La vie est une dure lutte. Demandez donc à ces très nombreux passagers d’avions qui réservent leurs billets en ligne. Quelques clics de souris et ce tarif super attractif affiché sur la page d’accueil se gonfle de toutes sortes de suppléments mystérieux, qui dans de nombreux cas flirtent avec les limites de la légalité et de la bienséance. Des suppléments pour un unique bagage, des coûts de paiement et même parfois des ‘frais administratifs’… En veux-tu, en voilà ! Résultat : l’écheveau des tarifs devient impénétrable, et la réalisation de comparaisons de prix se révèle un véritable parcours du combattant. Ce qui est bien évidemment l’objectif poursuivi par ces organisations aux intentions tortueuses. L’organisation de consommateurs Test-Achats vient de lancer une campagne internationale pour y remédier. Le site http://www.test-achats.be/loisirs-et-vacances/quand-les-prix-des-billets-d-avions-s-envolent-s715603.htm permet aux personnes qui le souhaitent de communiquer leur propre expérience. Sur la base des nombreux témoignages ainsi reçus, Test-Achats introduira une plainte collective auprès de la Commission européenne. Nous qui dénonçons de longue date déjà cette attitude arrogante du secteur (et donc hélas aussi de nombreux de ses collaborateurs qui se sentent ‘indispensables’), nous estimons qu’il s’agit là d’une initiative du plus haut intérêt.

Voleurs de bas étage

La vie est une dure lutte. Demandez donc aux nombreux hôteliers qui voient régulièrement disparaître des pièces de leurs chambres, emportées par des voleurs indélicats tentés par les serviettes, draps et autres peignoirs gracieusement mis à leur disposition. Histoire de garder un petit souvenir de ce séjour formidable… J’ai même entendu parler de clients qui avaient réussi à emporter le téléviseur… Il faut le faire, quand même ! Mais la solution est peut-être pour bientôt, sous la forme d’un code à barres radiographique. Chaque pièce de textile de l’hôtel en sera munie, de sorte que comme dans la plupart des magasins une alarme se déclenchera si vous quittez l’endroit en emportant par inadvertance l’objet en question. Je me demande cependant si tous ces hôtels super grand luxe auront envie d’équiper leurs très beaux lobbys de tels portiques disgracieux… En tout cas, j’espère qu’il n’arrivera pas un jour où les jolis petits flacons de shampoing et de gel douche seront eux aussi affublés de cette abomination à barres. Avouez : vous aussi, vous aimez bien prolonger un peu l’effet vacances avec des produits ‘de là-bas’…

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