mardi 07 février, 2012 - 21:58

Repos à Rome

Loger chez des Belges

À Rome, Magda Beck exploite avec son mari Franco Antoniazzi le B&B «Talpahof ‘t Leengoed».


Véritable globe-trotteuse, Magda a écumé le monde entier, de Sydney à Buenos Aires. Jusqu’au jour où elle a posé ses valises dans la ville éternelle, tombant sous le charme de la cité, du pays et de ses habitants. Entre-temps, elle a épousé un Italien, Franco. À deux, ils dorlotent les hôtes de leur B&B. Elle s’est découvert des talents de guide idéale de la ville. «Jamais je ne quitterai Rome.»

Texte: Sophie Vergucht.
En Italie, les B&B et l’agrotourisme sont généralement des oasis de quiétude. Ce n’est pas vraiment ce qu’on attend d’une métropole telle que Rome, toujours pétillante, chaos éternel, véritable fourmilière. «Je joue sur les deux tableaux», indique Magda. «La joyeuse animation de la ville, mais aussi la chance d’échapper à cette frénésie. Talpahof ‘t Leengoed est lové dans la Valle dei Casali, la «vallée des mas». Il s’agit d’un faubourg résidentiel de Rome jadis recouvert d’oliveraies et où la verdure et le calme sont encore des vertus. Le nom renvoie aux mas de jadis. Toute la région est d’ailleurs un patrimoine protégé. Je ne peux donc pas faire de transformations sans en référer en haut lieu.»
«Le centre historique de Rome est tout proche. À peine un petit quart d’heure en voiture, quoique je ne m’y rende plus en voiture depuis des années. Toutes les cinq minutes, un bus vous emmène directement à la Piazza Venezia. Il n’y a pas plus facile.»

Toujours partants
Franco et Magda partagent un passé dans le secteur aéronautique, à une époque où le mot «crise» n’était pas encore omniprésent. «Une période merveilleuse. J’étais hôtesse de l’air pour une compagnie belge et j’ai sillonné le monde de long en large pendant des années. Nous avons habité presque partout dans le monde. Finalement, Rome fut notre dernière escale. Les enfants avaient tout à coup pris leur envol et nous avions un espace plus que généreux. Comme je n’étais pas du genre à me tourner les pouces, j’ai tout de suite pris la balle au bond quand une amie me suggéra un B&B.» Magda et Franco habitent au rez-de-chaussée d’une charmante résidence et ont partagé leur habitation en deux parties: une pour les invités et l’autre pour eux. «C’est pratique, car nous pouvons ainsi toujours répondre présents à nos invités. J’ai logé pendant des années dans des hôtels de luxe. Superbes et chic, c’est vrai, mais quand vous y demandiez une aspirine, vous pouviez vous estimer heureux d’en recevoir une trois heures plus tard. Ce n’est absolument pas le cas chez nous. Nous aidons le plus possible nos hôtes. Ils nous le rendent bien d’ailleurs, vu les nombreuses cartes de remerciement que nous recevons après coup.»

Cuisiner comme une Italienne
Pendant que Magda investissait tout son temps, son énergie et son enthousiasme dans le B&B, son époux Franco a également trouvé un hobby en or après sa retraite anticipée, un violon d’Ingres dont les hôtes peuvent pleinement profiter. «Franco voue une intense passion au vin et a obtenu son diplôme de sommelier. Il a le vin dans les gènes, puisque sa famille exploite un domaine vinicole à Parme. Si vous voulez des conseils, voyez Franco!»
Tout Italien digne de ce nom est aussi un amoureux de la bonne chère: Franco et Magda ne font pas exception à la règle. La cuisine italienne n’a plus de secrets pour Magda. «Je raffole surtout de la véritable cuisine traditionnelle. D’une grande pureté, sans fioriture. Je planche d’ailleurs aussi sur un livre de cuisine de recettes simples reprenant également des éléments de la culture locale. J’adore cuisiner pour les invités, mais seulement sur demande.»
«L’alimentation revêt une grande importance dans notre quotidien. Tout commence au petit-déjeuner: je mets les petits plats dans les grands. Confitures maison, petits pains chauds, fromages, etc. Je veux également que les hôtes petit-déjeunent dans un environnement élégant: superbe service, argenterie, …  first class service! Jusqu’au début du mois de novembre, nous mangeons aussi à l’extérieur dans notre petit jardin de ville. En hiver, nous migrons vers ‘t Logeke, notre salle de séjour et de lecture, où nous avons aussi une petite bibliothèque avec des livres consacrés à Rome.»

«Je mitonne des plats italiens traditionnels et authentiques, dans les règles de l’art.»

Cine città
Rome, c’est la ville de la culture et de l’histoire, des monuments et des statues, mais c’est aussi une ville qui a hissé en art de vivre la vie nocturne. «Je me rappelle encore la Rome des années soixante et septante. On la surnommait à l’époque la cine città tant on y tournait des films. En ces temps, les acteurs déambulaient sans garde du corps sur la Via Veneto - vous pouviez ainsi vous retrouver assis aux côtés de Charlton Heston si vous le souhaitiez. Ces temps sont révolus, mais la vie nocturne est toujours aussi pétillante! En été, Rome vit davantage la nuit que le jour. Cinémas drive-in, représentations théâtrales en tous genres, … Tout y est possible. La «Roma Sotterranea» est aussi une spécialité locale: vous découvrez les entrailles de la ville. Tout est actuellement mis à jour, c’est très passionnant. On y retrouve des maisons romaines entières! Si vous êtes féru d’histoire et d’archéologie, visitez la ville d’Herculanum. À l’instar de Pompéi, elle a aussi été recouverte de lave lors de l’éruption du Vésuve, mais, assez étonnamment, n’est pas aussi connue. Rome est en fait une source de joies inépuisable. Nous le remarquons aussi ici, lorsque nos invités évoquent leur journée autour d’un petit verre de vin. Ces discussions s’étirent parfois jusque deux ou trois heures de la nuit, tellement ils ont de choses à raconter!»
«Contrairement à ce que beaucoup pensent, la municipalité est bien organisée. Cela relève en fait presque du miracle que tout reste si propre quand vous pensez à la population qui vit, travaille ou visite la ville. C’est pourquoi je suis aussi partisane de l’interdiction de pique-niquer dans la ville. Tant de beautés méritent tout de même un peu de ménagement!»

Mol en Italie
Quoique Magda se soit clairement livrée corps et âme à la città eterna, elle n’en reste pas moins fidèle à ses racines. «S’il est vrai que le nom Talpahof ‘t Leengoed semble un peu étrange, il renvoie pourtant à mon histoire personnelle. «Talpa» est le mot italien pour taupe, une référence à ma ville natale Mol (taupe en néerlandais) en Campine. ‘t Leengoed était le nom du château d’Etten-Leur où mon arrière-grand-mère travaillait et qui accueillait les voyageurs de passage. Comme vous le voyez, c’est une tradition familiale d’accueillir et de dorloter les invités!»

La botte secrète de Magda
«Les Belges et les Flamands ont déjà laissé leur empreinte à Rome. La fondation Saint-Julien des Flamands, par exemple (San Giuliano dei Fiamminghi). C’est un cercle culturel et l’église nationale de Belgique à Rome. Père Hugo, le recteur, organise tous les deuxièmes mardis du mois de somptueux concerts baroques dans l’église. Tout Belge séjournant à Rome à ce moment peut y assister gratuitement. Je vous le conseille vivement!»

Talpahof ‘t Leengoed en pratique
Y aller
Le B&B se trouve en lisière du centre historique de Rome, dans un faubourg de la ville. Les aéroports de Fiumicino et Ciampino se trouvent à environ une demi-heure de route. Les deux aéroports sont desservis par des vols directs depuis la Belgique.

Y séjourner
Talpahof ‘t Leengoed a deux chambres d’hôtes (non-fumeur) avec climatisation, télé satellite et connexion internet. Salle de bains et toilette sont communes. Une chambre revient à 90 euros par nuit. Ajoutez 5 euros pour le petit-déjeuner (étendu). Le B&B est ouvert toute l’année, à l’exception du 15 décembre au 15 janvier et en août. Tout le monde est le bienvenu, sauf les animaux de compagnie. Table d’hôte sur demande.

Talpahof ‘t Leengoed
Via di Vigna Due Torri 127
00149 Rome (Lazio)
Tél. +39 (0)6/552 65 328
www.talpahof.com
talpahof@beactive.it