jeudi 17 mai, 2012 - 11:47

Rosario, Bever

“Un silence à couper le souffle”

Les bonnes sœurs se sont retirées depuis un certain temps déjà, mais l’atmosphère de paix et de recueillement continue à imprégner les lieux: dans la paisible localité de Bever, en Brabant flamand, Johan Vriens a transformé de ses propres mains un couvent en chambres d’hôtes en dehors du temps.

Dès qu’on a franchi le seuil de Rosario, on se rend compte qu’il ne s’agit pas d’un Bed&Breakfast comme les autres. Le long couloir dans lequel on pénètre est impressionnant. On a presque l’impression de se retrouver dans un authentique couvent. “C’est le but recherché”, dit Johan Vriens. “Lorsque j’ai racheté le bâtiment, il y a une dizaine d’années, j’ai eu du pain sur la planche. Il avait servi de maison de jeunes et avait donc complètement perdu sa destination d’origine. J’ai tenté de retrouver l’ambiance du couvent. Je me suis vraiment mis à l’écoute du bâtiment, par exemple pour choisir les couleurs.”
Cependant, la différence avec d’autres chambres d’hôtes tient surtout au concept global. “Rosario n’est absolument pas un Bed&Breakfast classique”, avertit Johan. “On le qualifie parfois de ‘centre de silence’, et il y a de ça. Le calme et le repos sont des éléments de base, aussi bien avec les oreilles qu’avec les yeux. Le repos visuel est important: un aménagement sobre, avec beaucoup de courbes et d’arrondis. Je constate qu’il y a chez les gens un énorme besoin de quiétude et c’est ce que je leur propose.”

Toscane du nord
“D’ailleurs, quand je suis arrivé ici, je recherchais moi aussi la tranquillité”, poursuit-il. “J’en avais assez d’Anvers, de la grande ville. Je suis tombé sur ce couvent et cela a été le coup de foudre. Le village de Bever est superbe lui aussi: il y règne encore une chaleur humaine et une cohésion sociale. En le découvrant, j’ai eu l’impression d’être remonté vingt à trente ans en arrière. Si on ajoute à cela la beauté des paysages, on comprend pourquoi la région a un petit air de Toscane du nord.”
“Bever est un village très particulier, qui est situé aux confins de la Flandre orientale, du Brabant flamand et du Hainaut, trois provinces qui ont chacune leur caractère propre. À proximité d’ici, il y a pas mal de curiosités intéressantes. Comme Enghien, avec son parc qui est presque plus grand que la ville elle-même.”

Une atmosphère de spiritualité
Rosario n’en demeure pas moins imprégné d’une atmosphère de spiritualité, notamment avec son espace de méditation et son jardin du silence où chaque hôte peut se retirer à tout moment. “Cela fait partie de l’ambiance”, estime Johan. “Je crée l’espace, chacun est libre de l’utiliser comme il le souhaite. Je n’établis aucun programme, au contraire, mais je veille à ce qu’il y ait le moins possible de sources de distraction. Ainsi, je n’ai pas la télé. Il y a suffisamment de possibilités pour s’occuper et se détendre: la bibliothèque, avec plus de 800 livres, le jardin, la piscine,…

Des repas communs
Le rythme de la vie monacale a aussi été conservé lors des repas du matin et du soir, qui se prennent ensemble. “Ce moment commun est très important”, affirme Johan. “Le matin, on déjeune tous ensemble à la même grande table et le soir, c’est pareil. On peut donc très bien venir à Rosario tout seul et retourner chez soi en ayant fait de nouvelles connaissances. Des amitiés se nouent souvent ici. L’atmosphère s’y prête d’ailleurs très bien. Lorsque nous organisons des concerts, les musiciens partagent ensuite le repas avec les spectateurs. Où voit-on encore cela?”

Pas de go-carts
Ce qui transparaît clairement aussi, c’est qu’en plus de ses chambres d’hôtes, Johan travaille à temps partiel comme responsable du développement durable. “Toute la rénovation a été faite selon des principes durables”, dit-il. “Par exemple, chaque hôte dispose de sa propre douche, mais pas dans sa chambre: pour des raisons écologiques, j’ai regroupé toutes les douches dans un bloc sanitaire - ce qui évite aussi de se faire réveiller par quelqu’un qui prend sa douche dans la chambre d’à côté. Je cuisine presque exclusivement avec des ingrédients bio”.
“Je comprends que l’absence de télé ou de douche dans la chambre puisse rebuter certaines personnes, mais c’est un choix délibéré de ma part: cela fait partie du caractère spécifique de ces chambre d’hôtes. Les gens savent à l’avance à quoi s’en tenir. Ceux qui recherchent des vacances familiales avec des go-carts pour les enfants ont intérêt à aller à la ferme pour enfants, qui est un concept fantastique. Les enfants sont les bienvenus ici, mais je n’ai pas d’équipements spécifiques pour eux. On ne va pas non plus au restaurant chinois si on n’aime pas cette cuisine-là, n’est-ce pas? Les gens ne repartent jamais déçus parce qu’ils trouvent ici ce qu’ils cherchaient.”

Faire le vide
C’est ce que confirme le beau livre d’or de Rosario. “L’inquiétude a fait place à la sérénité”, a écrit quelqu’un. “Beaucoup de gens viennent chez nous à un tournant de leur vie,” raconte Johan. “C’est ici qu’ils font des choix cruciaux, qu’ils font le vide dans leur tête. Parfois aussi, ils font leur deuil après une disparition. C’est très chargé d’émotion, mais l’atmosphère de recueillement se prête à la contemplation. J’accueille aussi beaucoup de groupes: des entreprises qui organisent des séminaires ou des personnes qui fêtent un mariage ou un engagement.”
En feuilletant le livre d’or, nous tombons sur ce commentaire: “À couper le souffle, à donner des frissons.” On ne saurait mieux dire.

Les conseils futés de Johan
• À faire
“Il y a de très belles balades à faire par ici, comme la promenade des chapelles, dans le village. On peut aussi aller dans l’aire de quiétude de Dender-Mark: là, ce sont les bruits de la nature qui dominent, et pas ceux de l’homme.”
Kapelletjeswandeling. www.toerisme.vlaamsbrabant.be
Stiltegebied Dender-Mark. www.tov.be

• À voir
À Lessines, à une petite dizaine de kilomètres d’ici, se trouve l’Hôpital Notre-Dame à la Rose, un des plus beaux musées de la région. Cet hôtel-dieu datant du Moyen Âge a été remarquablement conservé.”
Hôpital Notre-Dame à la Rose. Place Alix de Rosoit, Lessines. Tél. +32 (0)68/33 24 03, www.notredamealarose.com

• À manger et à boire
“Dans un petit village comme Bever, le choix n’est pas infini. Mais on mange très bien à la brasserie Jobim, qui propose une combinaison de cuisine belge et brésilienne.”
Brasserie Jobim, Plaats 62, Bever. Tél. +32 (0)54/50 11 50, www.jobim.be

En pratique
Rosario dispose de sept chambres pour un total de vingt lits: cinq chambres doubles, un petit dortoir pour six et un studio pour quatre. Le prix est de 40 euros par nuit et par personne pour les chambres ordinaires ou de 55 euros pour une chambre single. Si vous êtes plus de trois, vous paierez 34 euros par personne pour séjourner dans la chambre de six lits. Supplément de 5 euros pour ceux qui ne passent qu’une seule nuit. Ces prix sont valables jusqu’à la fin 2008. Une chambre est accessible en chaise roulante et tout le bâtiment est non-fumeurs. Au premier étage, il faut marcher pieds nus ou en pantoufles (à emmener avec soi). Il est aussi possible de prendre le repas du soir au prix de 18 euros par personne, eau comprise.

Rosario
Poreel 10 a
1547 Bever
Tél. +32 (0)54/58 68 20
info@rosario.be
www.rosario.be

www.musicasacra.be

Notre évaluation
Allez-y si…
vous voulez goûter à l’ambiance et au rythme de la vie monacale pour méditer, goûter au silence ou vous détendre.

N’y allez pas si…
vous aimez rester en contact téléphonique permanent avec vos proches et si vous ne voulez pas manquer votre série quotidienne: à Rosario, le téléphone reste le plus souvent muet et il n’y a pas de télé.